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6月20日
   
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud Pour la neige qui fond pour les premières fleurs Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas Je t'aime pour aimer Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas
Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte Entre autrefois et aujourd'hui Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie Comme on oublie
Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne Pour la santé Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas Tu crois être le doute et tu n'es que raison Tu es le grand soleil qui me monte à la tête Quand je suis sûr de moi.
Ecrit en 1950 par Paul Eluard

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| | 2月5日
Mémo d'un Enfant!
Toi qui m'aimes, ne me gâte pas trop.
Je sais bien que je ne peux obtenir tout ce que je veux, j'essaie seulement.
N'aies pas peur d'être ferme avec moi. J'aime mieux quand tu l'es, car je me sens en sécurité.
Ne me laisse pas avoir de mauvaises habitudes. Si j'en ai, c'est à toi de me les faire perdre pendant que je suis jeune.
Ne fais pas en sorte que je me sente plus petit que je ne le suis, ça me pousse à agir stupidement pour montrer que je suis grand.
Ne me corrige pas en public, si tu le peux. Je comprends beaucoup mieux ce que tu me dis quand tu me parles doucement et dans l'intimité.
Ne me protège pas trop des conséquences de mes décisions. Je dois apprendre les leçons de la vie.
N'oublie pas que je ne peux pas m'exprimer aussi bien que je le voudrais. C'est pourquoi je ne suis pas toujours très précis.
Ne me repousse pas quand je te pose des questions. Si tu le fais, je devrai trouver des réponses ailleurs.
Ne me dis pas que tu es infaillible. Je reçois un grand choc quand je découvre que ce n'est pas vrai.
N'oublie pas que j'aime faire des expériences. Je ne peux vivre sans elles.
Fais preuve de patience. Ne te préoccupe pas trop de mes petits malaises, ils me permettent souvent de recevoir l'attention dont j'ai besoin.
N'oublie pas que je grandis vite. C'est difficile de me suivre, mais essaie! Ton enfant !

Source: Anonyme
| 10月5日
      
Pourquoi la lampe s'est-elle éteinte ? Je l'entourai de mon manteau pour la mettre à l'abri du vent : c'est pour cela que la lampe s'est éteinte.
Pourquoi la fleur s'est-elle fanée ? Je la pressai contre mon coeur avec inquiétude : voilà pourquoi la fleur s'est fanée.
Pourquoi la rivière s'est-elle tarie ? Je mis une digue en travers d'elle afin qu'elle me servit à moi seul : voilà pourquoi la rivière s'est tarie.
Tagore
| 9月26日
        
         
Il faut penser ; sans quoi l'homme devient, Malgré son âme, un vrai cheval de somme. Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ; Sans rien aimer il est triste d'être homme.
Il faut avoir douce société, Des gens savants, instruits, sans suffisance, Et de plaisirs grande variété, Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.
Il faut avoir un ami, qu'en tout temps, Pour son bonheur, on écoute, on consulte, Qui puisse rendre à notre âme en tumulte, Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.
Il faut, le soir, un souper délectable Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos, Les mets exquis, les bons vins, les bons mots Et sans être ivre, il faut sortir de table.
Il faut, la nuit, tenir entre deux draps Le tendre objet que notre coeur adore, Le caresser, s'endormir dans ses bras, Et le matin, recommencer encore.
Voltaire

| 9月21日
e Mot
Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites ! Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes. TOUT, la haine et le deuil ! Et ne m'objectez pas Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
Ecoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle, Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle, Vous dites à l'oreille du plus mystérieux De vos amis de coeur ou si vous aimez mieux, Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire, Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre, Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT - que vous croyez que l'on n'a pas entendu, Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre - Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre; Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin, Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main, De bons souliers ferrés, un passeport en règle ; Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle ! Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ; Il suit le quai, franchit la place, et cætera Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues, Et va, tout à travers un dédale de rues, Droit chez le citoyen dont vous avez parlé. Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé, Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive Et railleur, regardant l'homme en face dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel. »
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.
Victor Hugo, Toute la Lyre |
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